III - Des méthodes controversées

 

III. Des méthodes controversées

 

Malheureusement, comme nous l’avons vu précédemment, la mise en pratique de la thérapie cellulaire repose sur l’utilisation de cellules souches embryonnaires qui ont l’avantage d’être totipotentes et de pouvoir être redirigées par le biais d’une manipulation. Pour récupérer ces cellules, il faut que l’embryon, qui doit être humain, vienne d’être créé pour être sûr que les cellules ne soient pas encore spécialisées. De plus, leur récupération nécessite la destruction de l’embryon prélevé, ce qui pose des problèmes éthiques.

 

Ainsi, les chercheurs travaillant sur la thérapie cellulaire, persuadés que seuls les embryons humains pouvaient être exploités, crurent pendant un temps qu’ils se trouvaient dans l’impasse et que leur découverte ne pouvait demeurer que purement théorique. En effet, la loi française de bioéthique de 2004 empêchait catégoriquement l’usage de cellules embryonnaires. On aurait pu croire que c’était la fin de la belle utopie qu’était ce traitement innovant, mais un tournant se crée en 2007 lors de l’invention de cellules pluripotentes induites par Shinya Yamanaka. Cette découverte permet ainsi de contourner définitivement le problème de bioéthique qu’impliquait l’usage d’embryon tout en pouvant jouir de l’utilisation de cellules pluripotentes.

 

Cependant, en 2009 en France, un débat est relancé grâce à cette découverte qui a bouleversé le monde de la médecine. Grâce à cette dernière, le projet de thérapie cellulaire ne sera pas avorté mais sera suivi de près par l’Etat. De plus, de nombreuses sessions qui auront pour thème cette pratique seront réalisées en France, notamment celle du 13 avril 2010 à Paris.

 

Mais l’utilisation de cellules embryonnaires n’est pas la seule barrière face à la mise en pratique de la thérapie cellulaire. En effet, après les excellents résultats obtenus sur les animaux de laboratoire, et face aux promesses idylliques des médecins (guérison de maladies, jusqu'à nos jours, incurables, possibilités de mettre un terme au virus du sida mondialement répandu et qui est la source de nombreux décès, et enfin l’objectif final qui est de pouvoir reconstruire entièrement des organes comme le cœur par l’utilisation de cellules souches) il va falloir s’adonner à des essais sur des êtres vivants en prenant en compte les risques que ces expériences comportent.

 

De plus, certaines cellules doivent être puisées dans le cordon ombilical, ce qui favorise la prospérité de banque s’engageant dans l’implantation de tissus privés dont les intentions philanthropiques peuvent toutefois s’avérer discutables.

Ainsi, la thérapie cellulaire relance un problème abordé depuis longtemps, celui de la valeur de l’embryon en ce qui concerne l’avortement. En effet, tandis que de nombreuses personnes considèrent ces derniers, en dessous d’un certain délais, comme un amas de cellules sans vie d’autres envisagent les embryons comme des être humains à part entière. Ceci empêche catégoriquement la création d’embryons humains à des buts purement scientifiques, malgré tout certains pays comme la Grande-Bretagne ou la Belgique l’autorise sous des contrôles très stricts.

Cependant, le Parlement Européen a inscrit les recherches concernant la thérapie cellulaire au septième programme cadre permettant aux scientifiques de ne pas rester bloqués au stade théorique. Bien entendu la victoire  sur la bioéthique n’est pas totale et demeure on ne peut plus discutable, la création d’embryons dans le cadre scientifique n’a pas encore été votée par le Parlement Européen.

De nos jours, le problème de l’embryon humain est contourné par l’utilisation d’autres tissus contenant les cellules souches tel que le cordon ombilical. En effet, les cellules souches y résidant ont l’avantage d’être immunotolérantes (lors de l’injection des cellules dans l’organisme, il n’y a aucun risque de rejet auprès des anticorps ce qui constitue un avantage très important, les risques de rejets étant très dangereux pour le patient et tout de même présents dans le cas de la thérapie cellulaire). Malheureusement, l’utilisation du cordon ombilical soulève le problème des banques de tissus évoqué déjà plus haut dans notre travail.

Une autre préoccupation s’ajoute à celui de l’éthique : les possibles effets secondaires relevés par des équipes de scientifiques japonais et belges qui ont remarqué qu’un tiers des patients ont développé un cancer, signe de la dégénérescence des cellules (on sait que les cancers sont dus à la perte de contrôle des cellules du corps ce qui engendre un dysfonctionnement total au sein de l’organisme). Ainsi, on peut se demander si les résultats satisferont nos attentes et si les effets secondaires, extrêmement dangereux, pourront être neutralisés.

Enfin, le souci de la bioéthique n’est pas le seul frein qui empêche la mise en pratique de la thérapie cellulaire, ainsi, les effets à long terme créent énormément de doutes dans les convictions des chercheurs.

 

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