b) Les diverses expériences

 

b) Les diverses expériences

La première application clinique mondiale de la thérapie cellulaire cardiaque a eu lieu le 15 juin 2000 en France (Philippe Menasché, Hôpital Bichat). Les cellules sont obtenues par biopsie de la cuisse. Les résultats récoltés chez les premiers patients sont prometteurs, notamment en ce qui concerne l'amélioration de la fonction cardiaque. Aucun patient ne peut actuellement bénéficier de cette technique sans entrer dans le protocole thérapeutique (Loi Huriet).

Mené entre 2005 et 2009, l’essai BONAMI a inclus 101 patients de moins de 75 ans, hospitalisés pour un premier infarctus du myocarde, grave et récent. Une moitié a servi de témoins ayant suivis un traitement classique (par prise de médicaments) et l'autre moitié d’entre eux a reçu une injection de cellules de leur propre moelle osseuse (prélevée sur un os du bassin) pour tenter de réparer la zone du muscle cardiaque lésée lors de l’infarctus. Sur ce dernier groupe de patients ont été prélevés 50 ml de moelle osseuse, qui ont été envoyés à l'Etablissement Français du Sang pour transformation en une solution concentrée de 10 ml. La nouvelle solution est alors injectée chez le malade, sept jours après l'infarctus grâce à un cathéter dans l'artère fémorale et envoyée via une sonde jusqu'au cœur.

Tous les patients ont été traités par angioplastie (intervention sous anesthésie locale qui consiste à introduire un ballonnet pour dilater l’artère à l’endroit du rétrécissement). La moitié d’entre eux ont reçu en plus une injection de leurs propres cellules de la moelle osseuse (cellules autologues) pour tenter de réparer la zone du muscle cardiaque lésée lors de l’infarctus. La moelle osseuse a été prélevée, sous anesthésie locale, chez ces patients sur un os du bassin, le 9ème jour après l’infarctus. Les cellules ont été concentrées puis réinjectées directement dans l’artère coronaire.

Résultat : la thérapie cellulaire cardiaque a eu un effet bénéfique sur le muscle cardiaque, 3 mois après l’infarctus. Les patients ayant reçu le traitement par thérapie cellulaire ont eu une meilleure récupération de leur muscle cardiaque que les patients qui n’ont pas été traités par thérapie cellulaire. Ceci suggère que les cellules injectées ont stimulé et augmenté les capacités physiologiques de réparation post-infarctus du muscle cardiaque. L’étude a également identifié les facteurs prédictifs de réussite de cette thérapie cellulaire selon le profil des malades. Une analyse comparant les sous-groupes de patients a ainsi permis de souligner le rôle néfaste du tabagisme ainsi que de la présence d’obstruction des petits vaisseaux du muscle cardiaque à l’IRM, un signe de gravité de l’infarctus. Un essai clinique européen recrutant uniquement des patients non-fumeurs permettra de confirmer l’intérêt de la thérapie cellulaire chez ces patients.

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